ARWS - Raid In France 2014

Rédigé par Pierre

Un raid qui aurait mérité un autre sort

Si vous lisez ces quelques lignes, vous savez déjà probablement que l’édition 2014 du Raid in France a été tronquée sur une très large partie. Une partie stratégique de la fin du raid où l’orientation délicate de l’arrière pays de l’Hérault aurait du faire de grosses différences.
Ceci dit, il ne faut pas être négatif, car avant d’arriver à la neutralisation du raid puis à une fin "promenade" (très belle d’ailleurs) en Camargue, le raid a été intéressant et beau par moments avec toujours des moments qui nous resteront.

Pour cette édition 2014, notre équipe Issy Aventure avait reçu le soutien de Team Energie, distributeur de plats cuisinés prêts à l’emploi et bien adaptés à notre utilisation. Nos commentaires plus détaillés quant à l’utilisation de ces plats peuvent être consultés sur le facebook du team Issy Aventure. Devant les difficultés pour constituer l’équipe, Jérome C et moi avons fait appel à deux coureurs de l’ « extérieur ». Lionel Villeneuve du team Absolue raid et Camille Defer du team Haut Languedoc. Malheureusement, le doigt de Camille (fracturé au raid Edhec) n’a pu être rétabli à temps, et celle-ci a été remplacée 3 semaines avant le départ par Aurélie Darmaillacq dont l’équipe Aquitaine Safety 2 avait dû renoncer à courir le raid...

... Tout ceci, ne nous a pas bien sur mis dans les meilleures conditions pour courir une telle épreuve, d’autant plus que Jérôme suite a une chute a du marquer un arrêt d’entrainement de plus de 2 semaines. Je passe aussi ma collision sur le chemin aller du raid et une voiture bien endommagée. Une fois les vérif. matériel passées, un briefing dans une belle salle du conseil General du Puy il nous faut le lendemain nous dépêcher pour préparer et répartir les différents équipements, vêtements et nourritures dans les boites d’assistance, caisses VTT et caisse montagne que nous retrouverons à certaines transitions de course.


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Cette année, cela est rendu plus difficile par le nombre plus élevé de transitions. Je dois dire aussi que l’accident de la veille et le fait de tout faire en speed et dans le stress ne m’a pas trop plu. On aurait du arriver plus tôt probablement le matin aussi pour nous préparer. De ce fait, il nous a fallu enlever des affaires et de la nourriture car nos bidons étaient trop lourds… Au final, on a manqué de rien, mais on a perdu un document récapitulatif des sections et du matériel obligatoire pour chaque section, et celui-ci nous a beaucoup manqué.


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Suite à cette étape de préparation, un prologue dans la ville du puy a été organisé. Une CO au score dans le centre ville, avec ses ruelles, ses escaliers et autres pitons rocheux. Un rush d’une demi-heure qui permet d’évacuer la tension. Je crois que nous avons terminé cette épreuve autour de la 12ème place. L’intérêt du classement de cette CO résidait dans le fait que les premiers avaient moins de distance à parcourir sur la première épreuve officielle du raid. Avant cela, il nous fallait ce samedi en fin d’après midi rejoindre le lac du Bouchet. Plus de 40 km de VTT le long d’une voie verte ponctuée par de longs tunnels. Le soir un repas de ravioles, de soupes, et un apéro de sodas et de sirop de verveine notamment nous a aussi été proposé. Le luxe !! Nuit dans de grandes tentes en compagnies de plusieurs autres équipes. Une nuit un peu courte puisque le départ est prévu pour 5 h 30 du matin. Notre départ en kayak’O de nuit sur le petit lac rond n’est d’ailleurs pas très bon, et nous finissons dans le 5 derniers. Cependant les écarts ne sont pas très grands, et suite à une transition rapide, nous partons avec un bon groupe qui se fragmente, et on profite au levé du jour de beaux singles et pistes à profil descendant pour rejoindre l’Allier à Chapeauroux. Là, notre transition est correcte. Nous faisons bien attention à ne rien oublier car suite au Kayak sur l’Allier, nous devons tout transporter sur le trek qui suit et le raft suivant. La Section très belle de kayak en eaux vive est super sympa. Il y a assez d’eau pour bien avancer et ne pas racler sans non plus se faire peur. On en profite d’ailleurs bien pour prendre une place dans les dix. Les écarts sont faibles mais cela fait toujours plaisir. Le petit trek suivant entre le pont d’allayras et Monistrol d’Allier se passe à merveille. Il ne fait pas trop chaud, et on en profite pour garder le bas de nos combinaisons long John. La transition pour le raft est par contre assez longue et on repart décrochés du paquet avec qui nous étions. Le raft qui était celui que nous avions effectué en juillet pour l’entrainement se passe plutôt bien, mais la rivière ne ressemble plus vraiment à ce que nous avions connu en juillet. Il y a beaucoup moins d’eau et il faut surtout faire attention à ne pas s’échouer sur un haut fond. Pour ce qui concerne les passes, elles sont toutes indiquées par des guides, et donc, nous ne profitons pas de notre connaissance de la rivière. A la fin du raft, nous savons que le raid ne fait que de commencer. Nous sommes contents d’être bien placés, mais tout reste à faire.


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D’ailleurs, on a environ 100 km à effectuer dans une sorte de boucle passant au nord du Puy en passant proche d’Yssingeaux pour rejoindre la région du Mont Mezenc. Ce VTT entamé en début d’après midi, même si exceptionnellement roulant pour le Raid in France nous fait arriver sur place vers 3 h du matin. Entre la transition, un changement de patte de dérailleur sur mon VTT (à la fin je devais rouler sur seulement 3 pignon et 2 plateaux), nous repartons pour un long trek de 40 km au travers du massif du Mezenc. Et en guise de sommet, il nous faut commencer par avancer péniblement dans le cours d’un ruisseau encaissé. Super pour les pieds et la vitesse de progression. On se pose même des questions sur la première barrière horaire à la suite de ce trek. Même si nous avons des hauts et des bas et les pieds qui chauffent un peu, on poursuit notre chemin, et nous nous faisons d’ailleurs bien reprendre par un groupe revenant de derrière. Les deux équipes Slovènes, Aquitaine Safety, Passion raid Nantes, Agde... Mais, cela a le don de nous rebooster, et on repart de plus belle pour finir cette section en compagnie des deux équipes Slovènes et d’Aquitaine avant la tombée du jour. Heureusement, la fin du trek même si un peu piégeux au niveau de l’orientation était assez roulant. Nous arrivons à temps pour les 2 premières barrières horaires. On a le temps de bien ranger les affaires, de bien manger (ravioles etc…) avant notre arrêt dodo de 3 h obligatoire et très bien pensé et bienvenu.

Cela nous permet de bien repartir à VTT juste avant minuit en compagnie des 2 équipes Slovènes. Nous avançons très bien jusqu’à St Cirques en Montagne. Après, l’orientation devient un peu difficile, mais cela semble être le cas pour tout le monde. Au levé du jour, nous sommes toujours en bonne compagnie, et nous profitons du beau soleil sur les hauts plateaux Ardéchois pour rejoindre les gorges de la Borne site du premier canyon.


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Celui-ci se passe bien, même si l’eau est bien froide lors des parties aquatiques où il faut nager. Comme il fait beau, on arrive à se réchauffer assez facilement, et on commence d’ailleurs le trek suivant dans une relative facilité. Ce trek ne fait que 7 km et est annoncé en plus de 4 h. En fait on s’aperçoit assez vite qu’après la première balise il n’y a plus de chemin, et qu’il faut partir à l’azimut vers une crête. Un bon dénivelé à avaler bien raide. Mais ceci n’était pas en fait le plat de résistance. Le plus dur consistait à redescendre de cette crête vers le vallon suivant et la remonter équivalente à notre première montée. De la balise, aucun chemin ne nous semble intéressant de près ou de loin. On décide alors de descendre tout droit dans les hauts genets. Tout un programme. Ceux ci sont presque aussi haut que nous. Cependant, en descendant tout droit, cela se passe pas trop mal. En fait on marche sur les genets !! On va lentement bien sur, mais on parvient à rejoindre une zone boisée plus favorable à une progression à pied, et la remontée suivante, même si on doit avaler près de 400 m de D+ se passe bien. On se retrouve d’ailleurs avec l’équipe 22 (Slovène) à la transition alors que nous étions partis presque en même temps en canyon. Pourtant nous n’avons pas pris les mêmes itinéraires à la sortie du canyon. A ce moment, nous sommes encore nous dit on autour de la 9ème place. Cela nous satisfait bien car nous sommes plutôt bien portant, sans gros bobos, et que notre but est d’arriver le mieux possible pour les sections de la fin qui sont sur les terres d’entrainement de Jérôme notre orienteur et dont Pascal l’organisateur en chef nous a indiqué comme très piégeuses pour l’orientation. On attend donc notre heure.

La transition cependant est laborieuse et nous ne repartons pas dans de très bonnes dispositions. Le VTT de 22 km qui devait être plus une liaison qu’une section difficile nous a alors couté très cher. Un premier détour sur la première balise, du temps perdu ensuite à faire des allers retour après avoir pris un chemin qu’il fallait plutôt éviter, et enfin un oubli de ma part de lire le road book alors qu’une information précieuse y était inscrite. Du coup, on a fait un gros détour. Pourtant on avait pris environ 1 h 30 de sommeil sur le chemin. Bien sur cela nous fait perdre du temps, et le moral est aussi atteint, car nous pensons maintenant que la prochaine barrière horaire n’est plus atteignable. Du coup, personne n’a trop envie de se lancer dans le 2ème canyon de nuit. Pourtant avec le recul, il fallait y aller. Du coup, on redort 1 h 30 et on part alors peu après le levé du soleil pour partir plus de 2 h après Intersport et en compagnie d’Aquitaine Safety. Le canyon avec pas mal de marche aquatique au début se passe plutôt. Les parties aquatiques se passent bien aussi, et l’eau du Chassezac est d’ailleurs moins froide que l’eau de la Borne. L’ambiance dans le canyon est un peu austère car il tombe par moment des cordes. Nous sortons finalement du canyon en compagnie d’Aquitaine, et on rattrape au village en haut du canyon Passion raid Nantes. On ravitaille en eau, et on repart en discutant avec les Nantais sur un plateau en direction du lac de Villefort. Apres plus de 30 min, on s’aperçoit que l’azimut est mauvais. Il nous faut revenir au village. Une énorme erreur d’inattention des deux équipes. On se recale, et on effectue ensemble les 5 km de canoë sur le lac de Villefort. Une belle petite section sur un lac tout calme et une arrivée proche d’un joli château à l’ouest du lac. On retrouve Aquitaine, qui prend son temps pour se restaurer. On décide de faire au plus vite, et on repart en trek quelques minutes après eux et on les rattrape assez vite. On fait alors chemin ensemble pendant un moment, puis on se perd, puis on se retrouve alors que la météo se dégrade sévèrement sur les sommets du Mont Lozère. Comme la météo est mauvaise (brouillard, vent, et averses torrentielles par moments), on décide de faire un crochet vers la petite station du Mas de la Barque pour trouver un abri, manger solide nos Team Energie, nous reposer mettre de la crème sur les pieds en espérant que la pluie se calme un peu. Au final, nous nous arrêtons près de 4 h. C’est long, mais on repart sous une météo apaisée et en forme. A la fin du trek de plus de 30 km, on nous apprend que la course est neutralisée.

Bien sur on aurait pu s’en douter, mais c’est un peu la douche froide, car si on avait su, nous ne nous serions pas arrêtés si longtemps. La pilule est assez dure à avaler car on comprend que si la course s’arrête là, on va finir 14ème sans possibilité de remonter car les équipes devant nous ont pris 3 h environ sur l’arrêt... Un bénévole nous transporte alors au milieu de la nuit vers Camprieu au pied de l’Aigoual, lieu de l’assistance 2 où tout le monde est regroupé dans un gymnase. Je suppose que cela a du être un sacré boulot pour les bénévoles de l’organisation de rapatrier tout le monde. Bravo à eux, et à leur dévouement vis-à-vis de ce raid qui leur tient autant à cœur qu’à nous. Au gymnase, les équipes se sont fait un petit coin pour dormir, et même si beaucoup sont déçus, chacun s’efforce de positiver et de faire bonne figure face à la fatalité des événements météo.


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En effet, en avant de la course, il semblerait que des pluies torrentielles soient tombées sur l’Hérault en particulier, causant des dommages sérieux, et entrainant l’interdiction de continuer la course. Dans la journée, Pascal nous informe que toute la partie sud du raid sur laquelle nous comptions tant est annulée, et qu’une arrivée serait faite du coté du Grau du Roi le lendemain avec la section de cheval (13 km en temps neutralisé) et la plage 10 km. Bien sur on s’en doutait mais cela nous jette un froid quand même, car on avait fait en sorte d’arriver intact et peu fatigués pour la fin du raid, et cette fin n’a pas eu lieu. Pas le bon calcul !!

Après un transport en bus vers Aigues Mortes, et une longue attente de plus d’une demi-journée, nous effectuons une belle promenade à cheval dans le marais de Camargue. L’éclairage et les oiseaux rendent la promenade bien agréable. On rigole bien du cheval de Lionel qui nous fait des pas dignes d’un cheval de dressage. A un moment, le cheval se met même à danser en marchant en crabe comme dans un concours.


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Il reste alors à terminer sur la plage. Là, c’est un peu le folklore, car on traverse alors des zones de plage nudiste dont certaines seulement fréquentées par des messieurs, au grand amusement d’Aurélie qui nous sent un peu mal à l’aise. Au bout de la plage, la famille d’Aurélie et de Jérôme nous attend, et on passe la ligne d’arrivée en leur compagnie. Même si on a au fond de nous un sentiment d’inachevé et de frustration est très présent, c’est quand même bien de passer une ligne d’arrivée, et on s’efforce de montrer une bonne humeur surtout pour l’organisation qui s’est démenée pour organiser un raid sur 5 départements (et ce n’est visiblement pas une sinécure au niveau administratif) dans les meilleurs sites de la région, et surtout faire en sorte que malgré tous les problèmes tout se finisse bien finalement. On les sent déçus à l’arrivée, bien frustrés eux aussi, et on espère que malgré tout cela, ils garderont l’envie de nous organiser un autre raid l’an prochain, même sur un format plus court de 3 jours par exemple. Si c’est le cas, nous ferons tout pour être présent sur la seule manche européenne du circuit ARWS qui resterait en 2015 et qui nous a toujours satisfaits.


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Après, le temps de voyage retour vers le Puy avec le bus de l’orga (merci d’avoir organiser cela) et quelques jours, la frustration est toujours présente pour ce qui me concerne, mais on ne peut rien contre les éléments, et nous sommes tombés au mauvais moment. Apres, il faut retenir les bons points (une super co-équipière à tous les points de vue, une bonne ambiance, une orientation globalement maitrisée) les belles sections du début (kayak Allier, trek du coté du Mezenc, Plateau Ardéchois etc…) et tenter de faire progresser cette équipe qui avait le potentiel de mieux faire sur beaucoup de points. A nous de jouer pour concrétiser le potentiel !

Pierre

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